Centre de recherche et d'interprétation sur les zones humides
Face à la disparition alarmante des milieux humides, cet essai-projet explore le rôle que peut jouer l'architecture dans leur compréhension, leur valorisation et leur préservation. Situé dans la Réserve nationale de faune du Cap-Tourmente, le projet s'inscrit dans un territoire marqué par une diversité de milieux riches, fragiles et en constante transformation. Ce site constitue un lieu privilégié d'intervention par sa biodiversité exceptionnelle et son rôle clé comme halte migratoire.
Plutôt que de s'imposer, l'architecture se déploie ici comme une présence discrète qui supporte l'expérience du lieu. Elle s'inscrit dans le paysage par une succession de pavillons reliés entre eux, formant un parcours qui accompagne la découverte du milieu humide. Chaque seuil, chaque ouverture guide vers une progression mesurée, permettant au visiteur de lire le site pas à pas.
Le projet, conçu comme un rythme, accompagne les dynamiques du milieu naturel. Il révèle les cycles, les marées, les migrations, et invite à une lecture attentive du territoire. Il propose une expérience où l'observation devient un outil de compréhension. Les espaces s'ouvrent, se referment, filtrent la lumière et laissent entrer le paysage à l'intérieur, atténuant ainsi la frontière entre le bâti et le vivant.
Conçu sur pilotis afin de minimiser son impact, le projet privilégie des matériaux locaux et durables, dont le cèdre brûlé, qui s'efface dans la lisière forestière. À travers un programme hybride réunissant recherche scientifique, éducation et diffusion, Au pas des marées devient ainsi un instrument de lecture du vivant afin que l'apprentissage et la sensibilisation passent par l'expérience directe et sensible du lieu. Un endroit où le paysage lui-même se révèle comme le principal vecteur de sensibilisation.